Après sept ans de silence, l'APDACH se relève
Pendant sept ans, l'APDACH s'est tue. Il est juste de le dire simplement, sans le cacher.
Ce silence n'était pas un abandon. C'était le poids d'un pays. La crise politique qui secoue Haïti depuis des années a tout fragilisé autour de nous, et les difficultés financières qu'elle a entraînées nous ont touchés comme elles ont touché tant d'autres. Quand survivre devient l'effort de chaque jour, l'action culturelle se retrouve, malgré elle, mise de côté. Nous avons fait une pause. Mais nous n'avons jamais cessé d'y croire.
Aujourd'hui, nous reprenons la parole. Et nous le faisons les yeux ouverts.
Le Léogâne dans lequel nous revenons n'est pas celui d'il y a sept ans. La ville porte encore les marques du séisme de 2010, dont elle fut l'épicentre. L'insécurité s'est installée jusque dans la vie culturelle . Cette année encore, les bandes de Rara ont dû braver une interdiction pour défiler. Les conditions sont différentes, et, à bien des égards, plus difficiles.
Nous le savons. Et nous recommençons quand même.
Car c'est précisément dans ces moments que la culture compte le plus. Quand tout pousse les jeunes au découragement, leur donner un moyen de raconter, de créer, de se faire entendre n'est pas un luxe , c'est une nécessité. Le Rara nous l'a montré : la tradition ne s'arrête pas parce que les temps sont durs. Anacaona nous l'a appris : la voix d'un peuple est son pouvoir.
L'APDACH revient dans cet esprit. Pas pour faire comme si de rien n'était, mais pour bâtir avec ce qui est. Le silence est terminé.
Nous recommençons.